Une année à Copenhague

2005-2006 Erasmus à Copenhague

05 mai 2006

Hillerød ou le "no man's land"

Dimanche dernier, votre aventurière a voulu partir à la rencontre du Danemark et du si prestigieux château d'Hillerød construit par Christian IV (le Louis XIV national) au XVIIème siècle...  Armée de ma "Alle zoner klippekort" grise, j'ai retrouvé Marianne, et hop, nous voilà toutes les deux parties pour le nord de la Sjealland.

L'anecdote du train: on a déjà dit que les danois étaient spécialement civilisés (entre les feux rouges, le métro, etc...), mais là.... Figurez-vous que même les danois mettent leurs pieds sur le siège d'en face! Mais attention, pour le faire à la danoise, posez avant sur le siège un petit sac en plastique (tous les carrés de sièges disposent d'une petite réserve de sac en plastique pour y mettre ses ordures, avant de le jeter à la poubelle) pour ne pas salir le siège... C'est-y pas mimi, ça???

Hillerød: Arrivées à Hillerød, ciel surchargé de gros nuages gris, crachin, vent, bref un temps de rêve. Désespérément Marianne, on est maudites, à chaque fois qu'on est parties quelque part, il faisait un temps pourri! Bref, tant pis, mais plus on s'éloigne de la gare, plus on se retrouve dramatiquement seules. Vaille que vaille, on arrive dans le centre-ville supposément "intéressant". Resituons les choses dans leur contexte, Hillerød est un village, mais le centre-ville, un dimanche sous la pluie, c'est le "no man's land" absolu, rien d'ouvert, pas âme qui vive, ni voiture, ni.... Après quelques délires, photos avec les Olsen Banden, ou d'équitation sur éléphant, on a abrégé la visite pour se diriger vers le fameux château de Frederiksborg.

Frederiksborg: le "Versailles danois", "un château de conte de fée"... Réellement, le château est sublime, immense, ce serait le plus grand de Scandinavie, dans cette alliance caractéristique de briques rouges et de bronze vert, son pont en S, son avant-cour et sa cour majestueuse... L'anecdote du château: Frederik II, a acquis le château en 1570. Son cher et tendre fils, le futur Christian IV, né à Frederiksborg, a trouvé le château de papa un peu trop humble. Du coup, le jeune Christian a décidé de démesurément l'agrandir, de le modifier et en reconstruire une bonne partie dans le style renaissance hollandaise. Modeste, le Christian!
Une des grandes attractions de Frederiksborg sont les "jardins baroques", créés suite à un voyage de Frederik II en France et préservés en l'état. Vous allez me prendre pour une parisienne blasée, mais une fois qu'on a vu Versailles, les jardins de Frederiksborg, c'est petit joueur!

Bref, le mot de la journée reste "dommage". Sous ce temps là, les plus belles merveilles auraient semblé ternes, dommage...    

Posté par Ptipims à 20:38 - Débat - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 février 2006

Liberté de la presse vs aniconisme : de la décision du Jyllands-Posten

caricatures_jyllands_posten1Le 17 septembre, le Jyllands-Posten publie un article intitulé « Dyb angst for kritik af Islam » (« Peur profonde de la critique de l’Islam »), expliquant les problèmes de Kåre Bluitgen, un journaliste et écrivain danois qui se plaignait que depuis l’assassinat de Théo Van Gogh, personne ne voulait illustrer son essai Koranen og profeten Muhammeds liv (le Coran et la vie du prophète Mahomet).

Dans la tradition islamique, il est interdit de représenter le prophète, cependant, dans la pratique, Mahomet a été de nombreuses fois représenté dans l’art islamique, notamment dans des versions illustrées du Coran. D’un autre côté, le Danemark est une société multiculturelle, dans lequel, face à l’afflux d’immigrés, le respect des particularités culturelles prend le pas sur la volonté d’intégration, engendrant de fortes tensions communautaires. L’article a donné lieu à l’ouverture d’un débat national sur l’islam, et c’est dans le cadre de ce débat que le Jyllands-Posten a invité quarante illustrateurs danois à dessiner Mahomet. Dans ce contexte, le 30 septembre, le Jyllands-Posten publie son fameux article « Les visages de Mahomet » illustré des 12 caricatures des illustrateurs ayant répondu.

Pour moi, le Jyllands-Posten a voulu poser sa pierre dans le débat à travers l’humour. Je pense que le Jyllands-Posten a eu raison de publier ces caricatures dans la mesure où elles ont permis au débat de se développer, mais ils auraient du prendre plus de précautions dans le choix des caricatures, ils ont voulu publier toutes les caricatures reçues afin de réaffirmer la liberté d’expression et la liberté de la presse. La plupart des caricatures ne sont pas choquantes, voire elles sont plutôt marrantes (celle de Mahomet en prof, avec écrit sur le tableau « les journalistes du Jyllands-Posten sont un  tas de provocateurs réactionnaires), mais effectivement celle de Mahomet avec une bombe dans le turban est stupidement provocantes et choquante, confirmant l’équation simpliste, mais répandue musulman=terroriste. Mais si la religion elle-même ne respecte la règle d’aniconisme qu’elle impose, en quel honneur les journaux se devraient de la respecter ?

Les journalistes du Jyllands-Posten ont refusé de s’excuser pour avoir publier les caricatures, ils se sont excusés d’avoir offensé certains musulmans. Je suis totalement d’accord, la liberté de la presse leur confère le droit de publier ce qu’ils veulent, et seules certaines caricatures étaient provocantes, tout en respectant certaines limites, et les valeurs de tous…

PS: ci joint les caricatures Les_fameuses_caricatures1.doc

Posté par Ptipims à 19:45 - Débat - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Copenhague dans la tourmente

Comme j’adore les titres à la Paris-Match (mon style journalistique à la con, n’est-ce pas Math ?)… Bref, vous m’attendiez tous la dessus, alors je viens apporter ma pierre au débat sur l’ « affaire des caricatures ».

Vous connaissez tous les faits, le 30 septembre, le journal danois Jyllands-Posten a publié 12 caricatures de Mahomet, ce qui a fait hurler la communauté musulmane, qui a utilisé attrapé l’étincelle au vol pour la poser sur la scène politique alors que 11 ambassadeurs musulmans réclamaient vainement un entretien avec le premier ministre Anders Fogh Rasmussen.

Pendant ce temps, les caricatures se diffusent dans le monde, publiées en Egypte dans le journal Al Fagr, et aidées par la délégation de la Société Islamique du Danemark qui se rend dans les pays du Moyen-Orient (Egypte, Liban, Syrie) pour attirer l’attention sur les caricatures, mais présentant le fameux dossier Akkari. Ce dossier à juste titre très controversé présente des images qui n’ont jamais été publiée comme la fameuse tête de cochon, et manifestement d’autres faux. Dès lors, l’ « affaire » prend une dimension politique internationale, alors que le Parlement jordanien invite, le 24 janvier, à « châtier les auteurs des 12 caricatures », la Libye ferme son ambassade au Danemark, L’Arabie Saoudite rappelle son ambassadeur, ou boycotte de même que le Koweït les produits danois… Depuis, les liens diplomatiques du Danemark avec la plupart des pays du Moyen-Orient sont en grande partie rompus; en Syrie, Jordanie, Palestine, Irak,…, des drapeaux sont brûlés, des manifestations violentes ont lieu et font des morts, les actes terroristes se multiplient. Alors erreur éthique, erreur politique, sur-réaction fanatique, ou choc culturel? Le débat est ouvert….

Posté par Ptipims à 12:53 - Débat - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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